Photo: rynek (place du marché) de la vieille ville
Deux fois par semaine, je donne des cours de soutien scolaire (surtout la lecture) à un gamin de 7 ans, non francophone, mais inscrit à l'école française. Assez rapidement, je me suis rendu compte que pendant les exercices de lecture, Pangas (ce sera son nom de scène) au lieu de regarder le mot qu'il n'arrivait pas à déchiffrer, me regardait moi... A son âge, ce ne sont pas les hormones qui le travaillent (surtout qu'il regardait mon visage et non plus bas) et il n'est pas fou de mode au point de passer 2 heures à essayer de reconnaître la marque de mes lunettes. Alors pourquoi ?
Finalement j'ai trouvé à quoi ce comportement me faisait penser : celui du cheval savant. Il y a environ un siècle, à Berlin, un homme a présenté un cheval, Hans, capable entre autre de faire des calculs et de donner le résultat en tapant du sabot par terre. Le monde scientifique envisageant une supercherie, a fait travailler le cheval avec d'autres personnes que son propriétaire mais cela n'a rien changé à sa performance. Après de nombreuses expériences, ils ont finalement remarqué que le cheval ne se trompait que lorsqu'il ne pouvait pas voir la personne ou quand celle-ci ne connaissait pas elle-même le résultat.
En fait le cheval ne savait pas du tout calculer mais avait une autre forme d'intelligence : il arrivait à déceler sur le visage de son interlocuteur des signes lui indiquant qu'il était arrivé au bon nombre de coups de sabot...
Mon élève fait spontanément la même chose : il cherche sur mon visage des signes lui confirmant que les sons qu'il prononce correspondent à ce qu'il doit dire.
Mais maintenant que je le sais, je fais la prof sadique et je reste stoïque à tous ses tâtonnements...
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